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Situé à Montréal, Québec, l'INIS est un centre de formation professionnelle offrant des programmes d'écriture, de réalisation et de production en cinéma, télévision et médias interactifs.

Communiqués  Abolition du PNFSFV Pardon madame Verner, mais la formation EST un investissement intéressant 15-08-08 — Lettre à madame Josée Verner
Madame la ministre du Patrimoine canadien,
L’Institut national de l’image et du son (INIS) a été informé, le vendredi 8 août dernier, que le Programme national de formation dans le secteur du film et de la vidéo (PNFSFV), financé par Patrimoine canadien et administré par Téléfilm Canada, ne sera pas reconduit au-delà du 1er avril 2009. Concrètement, cela signifie une perte de quelque 900 000 $ annuellement pour l’Institut, soit près de 25 % de son budget de fonctionnement. À moins que des solutions alternatives ne soient proposées par le gouvernement fédéral, il est clair qu'une coupe de cette importance aura un impact sur les activités de l'INIS.
La décision de votre ministère d’abolir unilatéralement le PNFSFV de même que plusieurs autres programmes de soutien au secteur culturel est inexplicable, et la façon de nous la faire connaître pour le moins cavalière. La contribution de l’INIS au développement et à la consolidation des milieux professionnels du cinéma, de la télévision et des médias interactifs, par le biais de programmes de formation de haut niveau, est reconnue par l’ensemble des intervenants de ces secteurs. Il est d’ailleurs important de rappeler que les professionnels sont à l’origine même de la création de l’Institut et que leur présence active comme administrateurs, formateurs et collaborateurs à la production a toujours été un élément déterminant dans la décision du gouvernement fédéral d’appuyer l’INIS. La coupe annoncée semble faire partie d’un plan plus vaste visant à diminuer le soutien de l’État canadien au secteur culturel. Un manque de vision étonnant quand on sait que la plupart des autres paliers gouvernementaux du pays reconnaissent l’impact positif de la culture en matière de développement économique. Malheureusement, les raisons précises qui ont mené à ces décisions sont pour l’instant inconnues si ce n’est un vague «changement de priorités du ministère»; aucun interlocuteur étant disponible pour les commenter. Et les rumeurs concernant d’autres compressions dans le domaine des nouveaux médias ne sont pas là pour nous rassurer. Il est inacceptable de voir le soutien du gouvernement fédéral disparaître ainsi sans que nous ayons eu l’occasion de faire valoir notre point de vue. Nous voulons savoir pourquoi le PNFSFV ne constituait pas, à vos yeux, «des investissements qui étaient intéressants» comme vous le mentionnez dans une entrevue publiée dans le quotidien La Presse du vendredi 15 août. Nous sommes aussi curieux de connaître les programmes existants qui permettront au gouvernement de «ne pas laisser tomber l’INIS» comme vous l’annoncez dans le même article.
Dès le début de ses activités en 1996, l’INIS est devenu un modèle en matière de formation professionnelle. Ses programmes en cinéma, télévision, documentaire et médias interactifs ont toujours été adaptés aux réalités du monde professionnel et son financement toujours divisé à parts égales entre les contributions publiques et privées. Plusieurs personnalités du monde du cinéma et de la télévision collaborent avec l’Institut à titre d’administrateurs, de formateurs et de collaborateurs à la production. Mentionnons, entre autres, Pierre Roy, Janette Bertrand, Michelle Allen, Pierre-Yves Bernard, Fernand Dansereau, Denis Bernard, Gilbert Sicotte, Benoît Pilon, Monique Simard, Patrick Roy et plusieurs autres. Auxquels s’ajoutent des professionnels des médias interactifs comme Éric Chartrand, Marc Beaudet, Éric Noël, Marie Paquet.
Les institutions, telles que l’INIS, qui offrent un maillage aussi serré avec l'industrie et la communauté, ainsi qu’une capacité à réagir rapidement aux mutations de l'environnement et à la convergence des médias sont rares et devraient être encouragées dans leurs actions, plutôt que condamnées à dépenser leur énergie à combler les trous provoqués par le ministère du Patrimoine canadien.
La formation est un investissement à long terme, quel que soit le domaine, le cinéma, la télévision et les médias interactifs ne font pas exception. Les compétences et les aptitudes, la créativité et le talent s’acquièrent en franchissant des étapes. Ainsi, la formation proposée par l’INIS vient compléter efficacement celle des réseaux universitaires et elle accélère le parcours professionnel de ceux qui en bénéficient. En ce sens, la décision d’abolir un programme comme le PNFSFV et de menacer ainsi la survie d’une institution comme l’INIS s’explique difficilement. D’autant plus qu’une récente évaluation du Programme, commandée par le ministère du Patrimoine canadien, témoigne du haut degré de satisfaction des diplômés à l’égard de la formation qu’ils ont reçue. Or, la satisfaction des étudiants inscrits à l’INIS; leur rapide intégration au marché du travail; et l’appréciation dont ils font l’objet de la part des professionnels en exercice sont les meilleurs indicateurs de la pertinence de son intervention. La majorité des 356 diplômés formés l’INIS travaillent activement dans leur domaine de formation, dont plusieurs à des postes clés. Les cinq diplômés qui seront mis de l’avant dans le cadre du prochain appel de candidatures pour les programmes de formation offerts en 2009 en sont de bons exemples : Anaïs Barbeau-Lavalette (réalisatrice du « Ring », gagnant de plusieurs prix au Québec et à l’étranger); Frédéric Ouellet (auteur de la série et du long métrage « Grande Ourse »); Stéphanie Verrier (productrice chez Productions Virage); Benoit Laforest et Julie Marchiori (membres de l’équipe de développement du jeu « Army of two » d’Electronic Arts Montréal). On peut également ajouter à cette courte liste Philippe Gagnon (réalisateur de « Dans une galaxie près de chez vous 2 » et de quelques épisodes de la série « Nos étés ») de même que Géraldine Charbonneau, Alexis Fortier-Gauthier et Élaine Hébert, respectivement scénariste, réalisateur et productrice de « Après tout », récipiendaire du Génie du Meilleur court métrage canadien en 2008.
Les actions de l’INIS sont nombreuses et variées. Outre ses programmes de formation régulière (Cinéma, Télévision, Médias interactifs, Documentaire, Écriture de long métrage) qui accueillent chaque année une cinquantaine d’étudiants venus apprendre au côté de plus de 1 000 professionnels venus partager leurs connaissances à titre de formateurs ou de collaborateurs à la production, près de 500 professionnels en exercice viennent chaque année à l’INIS se perfectionner dans le cadre de programmes de formation continue. Plusieurs organismes communautaires (Fondation pour la promotion de la pédiatrie sociale, Groupe L’Itinéraire) ou regroupements de créateurs (Kino, Prends ça court!) profitent aussi de l’expertise et du soutien de l‘INIS pour leurs propres activités. L’Institut est également partenaire de La Course Estrie et des émissions « müvmédia » (TV5) et « L’Émission » (Canal Vox). Depuis 12 ans, on évalue à plus de 5 000 les personnes ayant transité par le réseau de l’INIS. C’est l’ensemble de cette action que viendra hypothéquer l’abolition du Programme national de formation.
Dans les prochains jours et semaines, l’INIS va multipier les démarches de concertation avec les autres centres de formation canadiens et les différents organismes et sociétés du milieu culturel afin de coordonner les actions à mener auprès du gouvernement canadien. L’Institut compte aussi sur l’appui de son réseau de diplômés, de formateurs et de collaborateurs à la production, de partenaires de même que celui des associations professionnelles et de leurs membres respectifs afin d’inciter le ministère du Patrimoine canadien à revoir sa décision. Car voyez vous madame Verner, nous croyons que la formation en culture est un investissement intéressant.
Il est évident que nous souhaitons avoir le privilège de vous rencontrer pour discuter de ces questions. Tout conscients que nous sommes que votre carnet de rendez-vous doit actuellement être passablement chargé.
Michel G. Desjardins Directeur général et directeur des programmes de formation Institut national de l’image et su son
[Lien vers le communiqué]
[Lien vers le mouvement spontané des diplômés sur Facebook]
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